Le ministère de la Justice a intenté mardi une action contre Google pour monopolisation illégale des marchés de la recherche et de la publicité, donnant le coup d’envoi de l’une des plus grandes affaires antitrust de l’histoire des États-Unis. Comme l’a rapporté pour la première fois le Wall Street Journal, l’affaire se concentre sur la publicité axée sur les recherches et plutôt que sur l’activité publicitaire ciblée plus large de l’entreprise.

Lors d’un appel ce matin, les responsables du ministère de la Justice ont souligné l’ampleur et le pouvoir du contrôle de Google sur le marché de la recherche. Google n’est pas d’accord, insistant sur le fait que sa part élevée du marché de la recherche est le résultat du choix des consommateurs.

L’affaire est l’une des actions antitrust les plus ambitieuses jamais entreprises contre une entreprise de technologie, rassemblant des enquêtes parallèles du ministère de la Justice et de divers procureurs généraux. Le ministère de la Justice a informé les AG des États de l’affaire à la fin du mois de septembre, selon un rapport du Washington Post. On s’attend à ce que onze procureurs généraux des États différents signent selon le Journal, mais d’autres sont susceptibles de déposer des accusations antitrust distinctes.

Google a déjà été confronté à une action antitrust, mais jamais à cette échelle. L’enquête la plus importante s’est achevée en 2013, lorsque l’entreprise a modifié ses règles AdSense pour résoudre une enquête de la Federal Trade Commission sans action en justice formelle. Google a également fait face à une série d’amendes de la part des régulateurs de l’Union européenne, notamment 1,5 milliard d’euros pour sa politique AdSense, 4,3 milliards d’euros pour le regroupement de logiciels dans Android et 2,4 milliards d’euros pour la manipulation des résultats d’achat dans la recherche Google.

Google a attiré d’importantes critiques de la part des législateurs lors de l’audience antitrust technologique du Congrès en juillet, suggérant que la société pourrait avoir peu d’alliés à Washington. Dans ses remarques liminaires, le représentant David Cicilline (D-RI) a accusé l’entreprise d’utiliser sa position privilégiée en tant que moteur de recherche pour écraser ses concurrents dans d’autres domaines.

À l’époque, le PDG de Google, Sundar Pichai, avait défendu les actions de l’entreprise dans le cadre d’un engagement plus large au service des utilisateurs.